Mois : mai 2021 Page 1 sur 10

Hommage à Paquirri

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C’est parfois quand les gens disparaissent que l’on mesure la place qu’il tenait pour vous: ce qu’ils on pu vous apporter. Je voudrais rendre ici un hommage ultime à Jean-Louis Richard, plus connu sous l’apodo de « Paquirri » qui vient de décéder hier. C’était avant tout un homme passionné par les autres: ouvert et accueillant, ainsi il comptait d’innombrables amis. Sa disparition inattendue brise le cœur de tous et nous laisse désemparé. Il y avait quelque chose d’exceptionnel chez lui, dans sa passion communicative pour le monde de la tauromachie, plus largement pour l’Espagne et pour l’Andalousie qu’il connaissait si bien. Cette connaissance qu’il en avait nous fascinait: son amour des relations sociales uniques qui y règnent, mais aussi ces paysages rugueux, ces traditions mystérieuses. Il savait transmettre cette passion profonde à qui le méritait et il n’était pas avare, avec ceux-là, d’indications précieuses leur permettant de découvrir à leur tour la magie de cette terre.

Généreux, Paquirri l’était autant que fidèle. Modeste, il ne faisait pas partie de ceux qui la ramènent -si nombreux pourtant dans le monde taurin; ces « yo soy » détestables qui croient tout savoir alors que c’est si compliqué. Il n’était d’aucune coterie et reconnaissait les mérites de chacun. En ce sens c’était un aficionado exemplaire, au jugement sur. Il avait fréquenté les plus grands, Paquirri (le torero) justement mais aussi Ruiz Miguel qu’il avait habillé et combien d’autres.

Sa vie fut romanesque à souhait. Elle l’a conduit, lui l’ancien militaire -ex-pilote de chasse-, dans le monde entier, au bord des plus grands stades ou sur le parvis des plus grandes arènes, le plongeant parfois dans des situations inattendues, rocambolesques dont il avait su se tirer avec astuce. Il ne s’en vantait pas, mais quand il racontait ces anecdotes on buvait ses paroles avec délices. Pour ma part elles ont beaucoup compter beaucoup dans ma vie d’aficionado car, comme lui, j’aime plus que tout la fantaisie, la poésie du monde taurin et même ses défauts. Il y avait une part de picaresque chez lui.

On parle souvent de famille taurine. Pour lui, cela avait un sens concret. Il ne cherchait aucun avantage à frayer avec tel ou tel. Il y croyait c’est tout. Il avait une conscience aigüe de la fragilité de ce petit monde alors il ne rechignait pas à aider ceux qui lui demandait: il passait des heures à attendre sous le soleil dans des queues, immobile l’ouverture des guichets de Séville ou Jerez pour prendre les places que lui avaient retenus X ou Y. Il était d’une fidélité sans faille et on pouvait toujours compter sur lui. Il logeait, prêtait, habillait, guidait qui aimait la tauromachie. Ce n’était ni un devoir, une corvée mais quelque chose de naturel. Un don de soi naturel.

Il avait trouvé la martingale, la vie idéale, se partageant entre Chipiona, à l’embouchure du Gudalaquivir, et le bassin d’Arcachon. Dans la petite ville de Rocio Jurado, il s’était fait de nombreux amis: une communauté bigarrée composée de français, de belges, d’allemands, de néerlandais, tous désolés aujourd’hui. Mais surtout il était reconnu des andalous, austères et méfiants autant que lumineux et secrets et qui ne se livrent pas facilement. Ils l’avaient nommé consul de France de la cité et il n’en était pas peu fier.

Il faudrait évoquer aussi son élégance qui était le reflet de son âme et son dégoût du débraillé. Son amour de l’ordre dans un monde chaotique. Son amour du drapeau. Tout cela en faisait un personnage admiré, unique, recherché.

Que sera le monde taurin sans nos chers disparus ? Sans Ricardo Vasquez Prada, le malicieux chroniqueur taurin du Heraldo de Aragon, sans le peintre Jacques Lasserre qui avait saisi l’essence de l’art que nous aimons, sa lumière et son mouvement, sans Paquirri qui incarnait la fraternité joyeuse, le romanesque de ce petit univers ? C’est un monde qui disparaît, aura-t-il, sans eux, encore un sens ?

En tout cas cela valait la peine d’en être, rien que pour avoir connu ainsi des êtres de cette qualité.

Pierre Vidal

Obsèques au Crématorium de Montussan (33) le jeudi 20 mai à 8h15. Jauge entrée : 70 personnes maximum.

(Photo : Agnès Peronnet)

Cordoue

Plaza de toros de Los Califas, Cordoue, samedi; deuxième de la Feria de mayo. Corrida mixte.

Toros de Los Espartales y Núñez del Cuvillo et un sobrero de Parladé en cinquième. Vuelta au second (Nuñez del Cuvillo).

DIEGO VENTURA, oreille et oreille.

ROCA REY, oreille avec pétition de la seconde et ovation.

PABLO AGUADO, ovation et saluts

Iván García a salué au troisième.

Vistalegre, austère soirée

Plaza de toros Palacio de Vistalegre (Madrid). Samedi. Troisième corrida de la Feria de San Isidro. Autour de 3.000 spectateurs.

6 Toros de Alcurrucén, le quatrième applaudi à l’arrastre. 

 

 EL JULI, ovation et ovation et saluts.

JOSÉ MARÍA MANZANARES, pétition et saluts et ovation.

PACO UREÑA, ovation après avis et silence.

Rien à dire sur la présentation conforme à une arène de seconde catégorie. Elle alla de menos à mas, les quatrièmes les plus sérieux. Les Acurrucen sortirent abantos, se livrèrent sous le cheval sans jamais rompre par la suite ce qui a compliqué la tâche des coletudos. ll y avait de la complication du danger en piste et Manzanres qui eut le plus mauvais lot en fit l’amère expérience. Pas de quoi emballer le public dont la présence reste modeste; c’est inquiétant. Il faut dire que le tendido de sol est à 75 euros et que toutes les corridas sont télévisées. Ceci expliquerait cela ? Ca n’est pas sur…

Maestria et décision du Juli qui venait très motivé et qui eut de bons moments lors de sa seconde faena de muleta après avoir soumis après un long moment un animal rétif. L’Alcurrucen accepta trois bonnes séries données immobiles de la droite d’abord puis de la gauche; le meilleur moment de cette tarde grise. Dans un mauvais jour à l’épée il ne put recueillir le fruit de cet effort. Julian qui a le sens des responsabilités veut garder son sceptre et le bilan de la soirée, bien qu’il ait mouillé la chemise, ne fait pas ses affaires.

Motivé aussi Manzanares qui subit une voltereta lors de son premier passage. Cette dure opposition qu’il ne put réellement conduire comme il l’aurait souhaité ne le déborda pas non plus. Il eut la présence nécessaire à la conduite de travaux souvent bâtis sur le défensive mais néanmoins dignes et respectables. Il avait sans doute besoin de se mesurer à une opposition aussi amère pour retrouver toutes ses sensations après une longue absence des ruedos. Il semble sur le bon chemin.

Paco Ureña, un ton en dessous des deux autres, anodin dans cette soirée ingrate pour les toreros qui eut son intérêt pour l’aficionado mais austère pour le grand public.

Pierre Vidal

Inauguration de la peña Pajero

Chez Jean-Louis DARRE, le dimanche 23 mai.

Bouillargues-Parejo

Inauguration de la peña Christian PAREJO Sud Ouest, Voici la journée proposée :

9h : visite des toros

11h30 : tienta de 2 vaches pour Octavio Chacon et Christian PAREJO

12h30 : repas champêtre (en extérieur)

16h30 : 4 toros pour Octavio Chacon et Christian PAREJO

PRIX DE LA JOURNEE : 55 € (réservation obligatoire)

Constantina, Esaü Fernandez engrange

Plaza de toros de Constantina.- Sevilla. Samedi. Lleno de l’aforo autorisé.

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Toros de Juan Antonio Ruiz Román (Espartaco)

Curro Díaz, oreille et deux oreilles

Manuel Escribano, oreille et ovation après deux avis

Esaú Fernández, deux oreilles et une oreille

San Luis Potosí (Mexique)

San Luis Potosí, SLP – Plaza « El Paseo-Fermín Rivera ». Plein de la capacité autorisée de 40 pour cent de la capacité de la place (environ 2000 personnes), par une soirée fraîche.

Sept taureaux de Xajay (le 7e, cadeau), bien présentés, compliqués dans leur ensemble. Et un du Saint-Esprit (8o., Don).
Fermín Rivera: Applaudisements dans son lot et ovation dans le cadeau.

José Mauricio: Vuelta et pétition , silence et applaudissements pour le toro de regalo.

Enesto Javier « Calita »: Une oreille et deux oreilles.

Cordoue: oreille pour « El Rafi »

Plaza de toros del Coso de los Califas, Cordoue. Vendredi. Novillada de feria. 1/2 entrée de l’aforo autorisé.

Novillos de Fuente Ymbro.

• LAGARTIJO, ovation et vuelta al ruedo après pétition.

 EL RAFI, palmas et oreille.

TOMÁS RUFO, palmas et oreille.

El Rafi faisait sa despedida de novillero avec picador.

Grenade

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Vistalegre: brindis à l’ami disparu

Plaza de toros Palacio de Vistalegre (Madrid). Venredi. Deuxième corrida de la Feria de San Isidro. 2/3 de l’aforo autorisé.

6 Toros de Juan Pedro Domecq bien présentés, nobles mais allant vite à menos; le cinquième sobrero de Daniel Ruiz sur la défensive. Le plus complet le second.

ENRIQUE PONCE, silence et silence.

MORANTE DE LA PUEBLA, oreille et pitos.

PABLO AGUADO, ovation après avis et silence.

Aux banderilles, salut d’ Abraham Neiro au quatrième et de Ivan Garcia au sixième.

C’est en regardant la première faena de Morante que j’ai appris le décès de « Paquirri », Jean-Louis, figure lui aussi du milieu taurin qui aimait tant le génie d’el de la Puebla. Et la perfection de cet ensemble, exemplaire, si torero, m’a brisé le cœur, car je n’ai cessé de penser à l’ami perdu, immense aficionado, enthousiaste et modeste, qui n’aura pas vu ce chef d’oeuvre. Ce fut le grand moment de la soirée, le seul qui vaille vraiment, mené avec un souci du détail, de la perfection du début: accueillant l’animal par des véroniques parfaites en gagnant du terrain, assurant la lidia complète, avec aisance, d’un bout à l’autre, avant d’ exécuter un ensemble qui se distingue non seulement par sa beauté mais aussi par sa vérité et surtout sa cohérence. Ce fut une fanea courte de quelques séries conduites des deux bords sans heurts ni violence et conclue par une entière qui, pour sa pureté aurait mérité d’être mieux primée. Nous trouvions dans ces instants une sorte d’idéal. L’essence de cette tauromachie que « Paquirri », notre ami, notre frère d’armes, aimait de manière éperdue et désintéressée. La vraie beauté est toujours triste, amère car elle est, comme la vie, éphémère.

Du reste il y a peu à dire: Ponce fit des efforts mais ils furent pathétiques le plus souvent; il fut contesté et sortit sous les lazzis. Ils restèrent retenus et somme toute polis pour tout ce que représente le valencien. Jusqu’à quand ? Le jour de trop est proche, pour Enrique. La grosse bronca approche.

Pablo Aguado -nous l’avions souvent vu ensemble, Paquirri, s’entrainer au Coso del Pino- appliqué, avec des détails de classe, à la cape notamment, mais froid aussi et tellement loin de la maîtrise de son aîné sur les pas duquel il veut s’inscrire: Morante unique à se hisser à la hauteur des souvenirs désormais perdus.

P’a ti Paquirri. Nous t’aimions !

Pierre Vidal

San Luis Potosi (Mexique)

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