Plaza de toros Palacio de Vistalegre (Madrid). Jeudi. Première corrida de la Feria de San Isidro. 1/3 de l’aforo autorisé.

6 toros de El Pilar, . 

LÓPEZ SIMÓN, ovation et ovation. Il a été sèchement pris à son second passage; sans blessure apparente.

ÁLVARO LORENZO, silence après avis et oreille après avis.

GINÉS MARÍN, silence après avis et oreilles après avis.

‘Mambrú’ a salué au premier, Jesús Fernández, au quatrième et Rafael Viotti au cinquième. 

Lot de toros bien dans le type, armés correctement, trapio à peu près identique pour tout le lot.Sans caste ni race. Tous nés en avril 2016, les toros , 4 colorados et 2 negros, se sont montrés faibles au cheval et aucun n’a pris deux piques.

Bel investissement des subalternes. « Mambru » a salué. Jésus Fernandez pris par le 4eme toro après une pose risquée a salué . Rafael Viotti a été ovationné pour deux paires de banderilles impériales .

Ce ne fut pas une partie de plaisir que ces toros offrirent au cartel de toreros courageux et audacieux de ce soir. Lopez Simon a sans doute essayé le maximum mais avec ces toros compliqués il subit plus qu’il n’imposa, j’allais dire plus qu’il ne toréa. Faibles au cheval , ses deux adversaires avaient du trapio et assez de vice pour envoyer en l’air le madrilène assez vilainement à son second adversaire alors que le premier l’avait déjà soulevé au mollet . Jamais à la bonne distance , Lopez Simon fit tout ce qu’il put de très près, mais sans ne convaincre vraiment ni les toros ni le public. A son second on vit un beau toro castaño à tête haute et très sombre, ojinegro, de 545 kgs. L’animal , peut- être pas assez piqué envoie le matador très haut en le projetant d’un coup de corne rigoureusement entre les cuisses et en le recherchant au sol. Une épée caïda, mais aussitôt un splendide descabello. Salut au tiers.

Une bonne pique de Juan Bernal permit à Alvaro Lorenzo de livrer combat à ce toro sérieux dont il fit offrande au public. Mais le bicho alla à menos, distrait, il refusa la faena que Lorenzo voulut construire. La corne toucha la cuisse du matador lors de l’estocade, un pinchazo et une entière d’effet immédiat. Silence mêlé de quelques applaudissements. Toro sorti sous quelques sifflets à l’arrastre.

Le plus toréable des six échut en cinquième position au torero de Tolède qu’il brinda au public. Faena appliquée mais sans grande transmission Alvaro Lorenzo s’essaya , épée jetée, à un final par Luquesina, sans résultat, le toro peu docile à ce genre d’exercice ne s’y prêtant pas. Bonne épée efficace, 1 oreille

Les meilleurs moments de cette première corrida de San Isidro on les doit à la toreria ferme et élégante d’un Gines Marin en grande forme. Il sut garder le troisième , negro,près de lui pour délivrer des capotazos magnifiques. Un seul puyazo rectifié par le piquero ,équivalent de deux piques.

Gines fit un quite plein de classe et de douceur avec remate à une main qui déclencha une belle ovation du maigre public.Une fois de plus on insistera sur l’importance de Rafael Viotti dans l’équipe de Gines Marin.Il fut parfait à la brega.Toro tardo, après son brindis à Lopez Simon, Ginés tente de construire une faena que le toro refus et n’acceptera de bonnes séries que juste avant l’épée. Pinchazo, 1avis, entière. Salut au tiers.

Enfin vint le 6ème, que Ginés reçut par des veronicas splendides. Une pique donnée par Guillermo le père de Ginés Marin. Quite par chicuelinas très ajustées . Confiant dans la corne gauche le matador de Jerez exploite à fond son art des naturelles , donnant ainsi une faena presque toute de la main gauche. Du courage, de l’art, une manière très personnelle de faire vibrer les qualités de ce toro difficile, on ne put que demander l’oreille de ce colorado de 562 kgs, long et fort estoqué d’une entière bien en place et d’effet rapide. 1 Oreille.

J’attendais de revoir Lopez Simon, hélas, toujours incimista, ce dernier n’a pas fait évoluer son toreo, déception parce qu’en réalité j’ai eu l’impression qu’il ne pourra pas changer son style , à trente et un ans maintenant. Alvaro Lorenzo fournit des efforts mais ne me touche pas , cela vient il des toros dont il a hérité ? Seul, une fois encore , avec une transmission « ultra chic » Ginés Marin a exposé son talent son audace, sa précision. En trois jours il aura coupé quatre oreilles à Madrid ! Olé Maestro !!

Jean François Nevière