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Alain Dutournier : « SAUVEGARDE DE NOTRE PETIT MONDE DE LA COURSE LANDAISE »

« Dans cette période fragile sous influence de la sensiblerie « Walt disneyenne », notre devoir une fois de plus est de faire front contre l’ignorance et les pratiques insidieuses qui peuvent conduire aux interdictions aveugles. Les acteurs de la course landaise sont tous des protecteurs du monde animal et du respect de son bien-être.
Cette discipline favorise la vie collective et familiale des fêtes locales des villages au cœur de l’Aquitaine. Ce monde rural au grand savoir-faire et grâce à un énorme labeur, protège nos valeurs ancestrales. Aux beaux jours, la course landaise permet de réunir dans une arène aussi modeste soit-elle, un public de tous horizons et de tous âges. En dehors des rendez-vous de l’été, ces acteurs ruraux ne sont pas « intermittents du spectacle » et travaillent localement pour leur avenir. Ainsi le projet administratif de l’Urssaf pour 2020, qui vise à supprimer l’assiette forfaitaire en place depuis 1995, est incompatible avec la petite activité saisonnière de la course landaise et des taux de cotisation trop élevés. Comment les modestes organisateurs avec une charge supplémentaire, la mise en place de contrats de travail avec fiches de paie pour chaque manifestation, pourront-ils survivre ?
J’ai espoir que notre exceptionnel ministre de l’agriculture Didier Guillaume, grâce à son expertise, sera l’interprète pour la sauvegarde des comités, des ganaderos et leurs vaches savantes dont l’activité est menacée, des écarteurs, des sauteurs, des cordiers et des vachers sans oublier les associations musicales spécialisées.

COURSES DE BAQUES, YOCS DE GASCOUNS !

Enfant de Chalosse, mes parents m’ont initié à la course landaise. Quand ils n’avaient pas le temps le dimanche, j’accompagnais des clients de l’auberge aux arènes. L’après course s’effectuait toujours dans notre belle langue plus fleurie, descriptive et émouvante que le français, sur ce sujet précis. Dans ces années-là j’allais régulièrement dans la famille à Castelnau-Tursan et nous courrions les arènes locales voisines. Saint Loubouer, Pécorade, même Pimbo … avec retour à « l’escure » le soir après la course et compte rendu le jeudi au marché de Geaune dans ce même gascon mais avec une touche béarnaise côté accent. Pour les fêtes mêmes les courses dites des cuisinières du lundi étaient très enrichissantes et très joyeuses. Avec des défis, le retour d’anciens, l’arrivée de jeunes pas encore révélés et les locaux assurant le spectacle improvisé. Nous vivions de grands moments de convivialité. SI JE DEVAIS QUALIFIER LA COURSE LANDAISE, JE DIRAIS QU’ELLE EST UNIQUE et qu’elle engendre de multiples contraintes : gérer du bétail à l’instinct sauvage, le choisir, le nourrir, l’éduquer, l’entrainer, connaître les vices de chaque bête, leurs humeurs, leurs caprices, leur besoin de plus ou moins d’espace de récupération, bâtir une « cadrilla » d’hommes en adéquation avec le bétail de l’élevage, FAVORISER DES HISTOIRES INCROYABLES ENTRE UN ECARTEUR ET UNE COURSIERE QUI SE CONNAISSENT ET SAVENT SE COMBATTRE AFIN D’EXPRIMER VALEURS ET TALENTS RESPECTIFS. J’ai très vite compris le point d’honneur d’un écarteur qui doit savoir choisir son terrain et l’imposer à la coursière avant l’écart.Ceci n’a rien à voir avec une tauromachie basée sur les appels sur le saut en montant les genoux afin de déplacer la trajectoire de la vache.(attention travaux de déviation).Le réussite dans la course landaise consiste à savoir « claquer » un écart furtivement. Pour cela, écart normal ou intérieur de qualité, il faut être capable d’attendre et de tourner l’écart serré sur le passage avec les pieds joints, le tout dans un éclair de génie. J’en veux pour preuve deux modèles du genre Christian VIS « Ramuncho » et Philippe Decazeaux de Habas sans oublier le grand Marcel Forsans dans ses œuvres. Comment ne pas se souvenir de cette course chez lui à Pomarez. Grande « tumade », le visage en sang, le corps mort, les yeux livides, ses amis le relèvent, il s’avance d’un pas de guerrier, jette son mouchoir tout rouge devant ses pieds joints et là : « Adare quet bey mazeda ! » (maintenant je vais te dresser). S’en suivit une série d’écarts dans un mouchoir de poche. La gloire et le talent étaient là.

Chez nous « la course » dans une arène quelle qu’elle soit, représente la valeur des hommes leur talent à être capable de se mettre devant des cornes et des les éviter sans le moindre leurre et là je cris grand respect à leur vaillance. Après dans ce moment extrême de très haute tension, le petit plus consiste à pouvoir exprimer son propre style qui fait la différence dans le talent de chacun et le bonheur du spectateur. Dans la course landaise, l’homme offre son corps et doit sortir très vite des cornes. Dans ce cas, la vigilance du cordier mi-ange, mi-démon, et parfois malgré lui, peut aider à gérer toute la malice et la technique qu’une vache de course peut acquérir pendant sa longue carrière de combattante.
Pendant cinq douzaines d’années j’ai eu le bonheur d’applaudir de multiples personnages, des écarteurs, des entraineurs, des sauteurs, des précieux vachers et des cordiers d’exception avec « L’ŒIL DANS LES BRAS ». Hommage à Raoul Pabon, à André Lux de St Pandelon, Dulucq, à Jeannot Dussarrat et tant d’autres. J’ai savouré de nombreux duels imaginaires entre écarteurs « rivaux » sur le sable. Dans ce panthéon je repense à Michel Vis (le frère aîné de Ramuncho et Ramunchito) et Jérôme Atano se tirant « la bourre » à St Loubouer … Monfort, Meunier, St Martin, le talentueux Maxime père, JC Ley, Darracq ainsi que toutes les nombreuses grandes figures incontestées qui ont permis à la course landaise de garder art et noblesse depuis les années 1970 … A l’époque une équipe d’écarteurs avaient l’hiver la concession de l’élagage des platanes et lors de leurs déjeuners dans l’auberge familiale, j’écoutais les conversations de nos héros qui avaient ce merveilleux côté hâbleur des gascons. Quel bonheur d’avoir admiré des vaches d’exception, ces « coursières » hors normes, parfois sacrées « Corne d’Or ». Ainsi grâce aux « Volontaria » de G.Labat, « Cereza » de G.Pabon, de « Zebra » de Larrouture, de « Zapatera », « Challenjita » et « Didiera » de G.Maigret, de « Marciacaise » de G.Labat, de « Joselita » de G. Descazaux, des Estanita et Claudia de Deyris, de Maroca de G.Labat, de « Mariposa » de Dargelos , « Esperanza » de Latapy, « Fédérale » de L’Armagnacaise, « Jacquite » de Deyris, j’ai vécu des moments émouvants de bonheur. Ces vaches sauvages choyées par leurs ganaderos, possèdent une grande personnalité, une formidable mémoire et bien qu’en tant qu’herbivores repus, elles considèrent l’homme comme leur proie. Avec les années la tauromachie landaise comme la société, a changé tout en préservant les fondamentaux. Le phénomène Ramunchito et ses tourniquets à genoux a éveillé de nouveaux styles dans cet univers…Ils ont fait école. Avec les multi-médias le public est habitué à avoir tous les champions sur un « clic ». Nous sommes très loin de la fête de nos villages, qui faisait rêver de la course du dimanche toute une contrée. Nous n’étions pas pressés sur les placements du bétail, la demande « en montant ou en descendant l’arène », la finale d’un concours. Actuellement les spectateurs sont obsédés par le spectaculaire à la chaine, les plus beaux buts au football, les essais volants du rugby, les victoires d’étapes en cyclisme. Dans la course landaise il est impossible d’occulter la mise en œuvre et la mise en place du bétail au dernier moment pour que l’écart existe.

CELA SE PREPARE COMME LA RÉUSSITE.
L’EMOTION AU BOUT DE LA CORNE RESTE LE FRUIT DE L’ART ET DU COURAGE .


La véritable course landaise engendre certes le courage mais aussi le talent et l’émotion artistique. L’exploit permanent de l’homme consiste à attaquer une bête à cornes au galop et de l’éviter au dernier moment par l’écart, la feinte ou le saut. Dans cette épreuve la coursière (vache sauvage riche d’années d’expérience et de combats avec l’homme) nécessite une corde autour des cornes emboulées (pour éviter les blessures qui déchirent…) afin d’être replacée après chaque attaque de l’homme (écart). Au bout de la corde, un homme d’expérience : le cordier permet de protéger l’écarteur en déviant d’un coup sec la charge de la bête qui anticipe trop. Parfois l’écart sera tourné côté intérieur (rare mais très apprécié) et en une fraction de seconde grâce à sa « vista » en place de tirer il devra lâcher la corde afin d’éviter la « tumade » (le choc fatal). Les courses formelles de nos villes et villages permettent de classer par points obtenus au travers de divers challenges et concours, les écarteurs, les sauteurs, les cordiers, les entraîneurs et les « ganaderias » (élevages et troupeaux locaux). Personnellement j’aime l’écart serré et très pur, c’est à dire exécuté sans l’artifice d’un saut d’appel très haut et décalé qui déroute trop astucieusement la charge de la coursière. »

Alain Dutournier

Les coursayres dans la rue

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uite à l’annonce du décret visant l’assiette forfaitaire applicable aux personnes exerçant ou organisant une activité dans le cadre de Course Landaise. Cette décision qui, sur un plan économique et/ou administratif est catastrophique, mais aussi mal adaptée au fonctionnement général de la Course Landaise et à ses spécificités, elle constitue à nos yeux une menace pour la pérennisation et l’avenir de ce sport très populaire dans une grande partie de la Gascogne. C’est notre héritage culturel et patrimonial, véritable vitrine de toute une Région qui est en jeu.

Notre manifestation du 23 Novembre sera très importante pour la suite de notre lutte. Dans cet évènement, nous avons souhaité convier toutes les parties prenantes de la Course Landaise. Ce sera donc au-delà de notre objectif premier, une grande fête ! Une marche symbolique joignant la musique, les services sécurité de notre sport et les activités souvent rattaché à la Course Landaise.
Cette union rappellera l’importance de notre Tradition dans le Sud-ouest de la France, faisant partie du patrimoine immatériel de nos territoires ruraux et qui bien évidemment participe à son attractivité, relayant des valeurs et une identité forte.

L’inquiétude est grande pour nous et tous ceux qui restent très attachés à cet art gascon que nous serons nombreux à soutenir, à vos côtés nous l’espérons, lors de la manifestation du Samedi 23 novembre prochain.

Notre Tradition ancestrale, l’histoire de notre terre ne doit pas disparaitre!

👊🏻 Le déroulé de la Manifestation
📆 Samedi 23 Novembre
🕘 9h rassemblement aux arènes avec Casse-croute
🕙 10 départ de la manifestation
🕚 aux alentour de midi retour avec réception – à Arènes de Plumaçon.

(Communiqué)

« Coursayres »: Manif le 23 novembre

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